La famille des Pitite Caille
Uitgelicht
|
5,34 |
Naar shop
|
|
5,34 |
Naar shop
|
|
9,00
8,00 |
Naar shop
|
Beschrijving
Bol
Golimin est un de mes vieux amis. Il sait tout. Il est l'hom- me le mieux documente¿ de la Re¿publique. Il a de l'expe¿rience. Aussi gagne-t-on beaucoup ä entendre ses audiences.Souvent il me promit de me faire l'historique des fortunes de chez nous, - de celles qui ont pousse¿ comme champignon. J'eus beau lui rappeler maintes fois sa promesse, il aima mieux toujours me servir autres choses,- tre¿s inte¿ressantes (car tout ce qu'il dit est inte¿ressant).Je le rencontrai l'autre soir au Camps-de-Mars. Il e¿tait de bonne humeur. Apres une rapide revue des faits insignifiants et des points de la journe¿e, il me dit : - Je viens de voir tout a l'heure le pauvre Etienne Pitite-Caille.Il m'a fait pitie¿. Lui qui e¿tait si fier autrefois ; lui qui s'habil- lait bandamment, lui qui parlait bandamment, - lui enfin dont le Pape n'e¿tait pas le cousin, - il daigna me saluer. Et quel salut ! C'e¿tait navrant.Le razeurisme - qui ne respecte personne - l'a totalement trans- figure¿. Il a l'air d'une poule mouille¿e Il est maintenant un spectre, une ombre, un rien.Cette vision lamentable m'a fait penser ä ma promesse. Si tu veux, promenons-nous, et chemin faisant, je t'apprendrai des choses e¿tonnantes concernant la famille des Pitite-Caille.Ce ne sera ni une charge, ni un roman ; ce sera tout simplement une audience a la vieille manie¿re hai¿tienne, a la bonne franquette. C¿a t'amusera, c¿a te fera me¿diter, et j'espe¿re que c¿a te consolera de bien des choses.- Je ne demande pas mieux- Seulement, promets-moi, mon jeune ami, si tu re¿pe¿tes mes confidences, de ne jamais citer mon nom.- C'est convenu...
Golimin est un de mes vieux amis. Il sait tout. Il est l'hom- me le mieux documente¿ de la Re¿publique. Il a de l'expe¿rience. Aussi gagne-t-on beaucoup ä entendre ses audiences.Souvent il me promit de me faire l'historique des fortunes de chez nous, - de celles qui ont pousse¿ comme champignon. J'eus beau lui rappeler maintes fois sa promesse, il aima mieux toujours me servir autres choses,- tre¿s inte¿ressantes (car tout ce qu'il dit est inte¿ressant).Je le rencontrai l'autre soir au Camps-de-Mars. Il e¿tait de bonne humeur. Apres une rapide revue des faits insignifiants et des points de la journe¿e, il me dit : - Je viens de voir tout a l'heure le pauvre Etienne Pitite-Caille.Il m'a fait pitie¿. Lui qui e¿tait si fier autrefois ; lui qui s'habil- lait bandamment, lui qui parlait bandamment, - lui enfin dont le Pape n'e¿tait pas le cousin, - il daigna me saluer. Et quel salut ! C'e¿tait navrant.Le razeurisme - qui ne respecte personne - l'a totalement trans- figure¿. Il a l'air d'une poule mouille¿e Il est maintenant un spectre, une ombre, un rien.Cette vision lamentable m'a fait penser ä ma promesse. Si tu veux, promenons-nous, et chemin faisant, je t'apprendrai des choses e¿tonnantes concernant la famille des Pitite-Caille.Ce ne sera ni une charge, ni un roman ; ce sera tout simplement une audience a la vieille manie¿re hai¿tienne, a la bonne franquette. C¿a t'amusera, c¿a te fera me¿diter, et j'espe¿re que c¿a te consolera de bien des choses.- Je ne demande pas mieux- Seulement, promets-moi, mon jeune ami, si tu re¿pe¿tes mes confidences, de ne jamais citer mon nom.- C'est convenu...