Il n'y a pas de race blanche

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Bol Toute société élabore des critères ethnocentriques pour justifier sa supériorité, voire sa perfection, comparée aux autres sociétés qu’elle dévalorise. Les esquimaux appelaient « poux de la terre » les autres peuples, les Grecs et les Romains les désignaient du terme de "barbares". Au dix-huitième siècle, les sociétés européennes ont été profondément transformées par les conséquences de la révolution scientifique, tant concrètement qu’idéologiquement. Elles n’ont plus été en mesure de faire appel aux mœurs ou à la religion pour revendiquer leur supériorité. Elles se sont tournées vers la science. Naturalistes, médecins, philosophes ont alors rivalisé de classifications raciales destinées à porter au pinacle une race qualifiée de « blanche », la leur, en raison d’une prétendue supériorité biologique (ou naturelle dans le langage de l’époque). On sait maintenant que l’entreprise était vouée à l’échec car contraire aux règles mêmes de la recherche scientifique. Pour autant cette idée continue de hanter le débat public et la société Française. Depuis les années 80, l’extrême-droite fait d’un prétendu racisme envers les Blancs la pierre angulaire de sa croisade pour la préférence nationale. En 2023, Marion-Maréchal Le Pen parlait encore du « tabou médiatique, judiciaire et politique… à l’égard du racisme anti-blanc ». Tout se passe comme si les théories raciales qu’on pensaient enterrées à jamais avec les horreurs de la Seconde Guerre mondiale trouvaient un nouveau souffle. L’enjeu de cet essai est de comprendre pourquoi et comment le terme de « Blanc » s’est-il imposé ? De retracer l’histoire de ce signifiant, depuis son invention au XVIIIème siècle jusqu’à sa résurgence actuelle, où l’influence des mouvements radicaux noirs venus des États-Unis, d’une part, et le piège de la statistique ethnique ont cristallisé les tensions et les débats.

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Toute société élabore des critères ethnocentriques pour justifier sa supériorité, voire sa perfection, comparée aux autres sociétés qu’elle dévalorise. Les esquimaux appelaient « poux de la terre » les autres peuples, les Grecs et les Romains les désignaient du terme de "barbares". Au dix-huitième siècle, les sociétés européennes ont été profondément transformées par les conséquences de la révolution scientifique, tant concrètement qu’idéologiquement. Elles n’ont plus été en mesure de faire appel aux mœurs ou à la religion pour revendiquer leur supériorité. Elles se sont tournées vers la science. Naturalistes, médecins, philosophes ont alors rivalisé de classifications raciales destinées à porter au pinacle une race qualifiée de « blanche », la leur, en raison d’une prétendue supériorité biologique (ou naturelle dans le langage de l’époque). On sait maintenant que l’entreprise était vouée à l’échec car contraire aux règles mêmes de la recherche scientifique. Pour autant cette idée continue de hanter le débat public et la société Française. Depuis les années 80, l’extrême-droite fait d’un prétendu racisme envers les Blancs la pierre angulaire de sa croisade pour la préférence nationale. En 2023, Marion-Maréchal Le Pen parlait encore du « tabou médiatique, judiciaire et politique… à l’égard du racisme anti-blanc ». Tout se passe comme si les théories raciales qu’on pensaient enterrées à jamais avec les horreurs de la Seconde Guerre mondiale trouvaient un nouveau souffle. L’enjeu de cet essai est de comprendre pourquoi et comment le terme de « Blanc » s’est-il imposé ? De retracer l’histoire de ce signifiant, depuis son invention au XVIIIème siècle jusqu’à sa résurgence actuelle, où l’influence des mouvements radicaux noirs venus des États-Unis, d’une part, et le piège de la statistique ethnique ont cristallisé les tensions et les débats.


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  • 9782246834601
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