Islamic Thought and History4- Ibn Khaldûn et la science de l’histoire
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Ce livre propose de montrer qu’Ibn Khaldûn a développé une conception sécularisée de l’histoire, à partir d’une analyse située dans son contexte intellectuel. Pour ce faire, une double généalogie est menée. D’une part, celle des concepts khaldûniens eux-mêmes, replacés dans les savoirs de son temps : la falsafa (philosophie gréco-arabe), le kalām (théologie rationnelle), les uṣūl al-fiqh (fondements du droit), les miroirs des princes, la géographie et l’historiographie arabe. D’autre part, celle des traductions modernes, souvent guidées par des catégories européennes qui infléchissent leur réception. Dans la mesure où Ibn Khaldûn affirme fonder une science nouvelle, il a fallu dégager à la fois ce qu’il y a d’original dans sa science du peuplement humain (ʿumrān) et les multiples emprunts qui la nourrissent. L’analyse du processus de sécularisation à l’oeuvre dans sa pensée montre un déplacement du théologico-politique vers une intelligibilité immanente de l’histoire : les faits historiques sont moins expliqués par le recours à la providence divine que par des dynamiques internes aux sociétés humaines. Cette rationalisation du savoir historique et politique met en lumière l’existence d’une pensée autonome du politique et de l’histoire dont Ibn Khaldûn est l’héritier. En somme, ce livre soutient que l’historiographie et la pensée politique en contexte islamique prémoderne recèlent des dynamiques de sécularisation qui doivent être étudiées pour elles-mêmes, hors du prisme exclusif de la modernité européenne. This book argues that Ibn Khaldūn developed a secularized conception of history, grounded in his premodern intellectual context. It offers a double genealogy: first, of Khaldūnian concepts as embedded in the bodies of knowledge of his time ( falsafa, kalām, uṣūl al-fiqh, mirrors for princes, geography, and Arabic historiography); second, of their modern translations, often shaped by European conceptual frameworks. Through an analysis of the science of ʿumrān, the book highlights both its originality and the borrowings that structure it. It shows that Ibn Khaldūn shifts the theologico-political framework toward an immanent intelligibility of history, based on the internal dynamics of human societies. This analysis reveals the existence, in the premodern Islamic context, of autonomous forms of political and historical thought carrying secularizing dynamics.
Ce livre propose de montrer qu’Ibn Khaldûn a développé une conception sécularisée de l’histoire, à partir d’une analyse située dans son contexte intellectuel. Pour ce faire, une double généalogie est menée. D’une part, celle des concepts khaldûniens eux-mêmes, replacés dans les savoirs de son temps : la falsafa (philosophie gréco-arabe), le kalām (théologie rationnelle), les uṣūl al-fiqh (fondements du droit), les miroirs des princes, la géographie et l’historiographie arabe. D’autre part, celle des traductions modernes, souvent guidées par des catégories européennes qui infléchissent leur réception. Dans la mesure où Ibn Khaldûn affirme fonder une science nouvelle, il a fallu dégager à la fois ce qu’il y a d’original dans sa science du peuplement humain (ʿumrān) et les multiples emprunts qui la nourrissent. L’analyse du processus de sécularisation à l’oeuvre dans sa pensée montre un déplacement du théologico-politique vers une intelligibilité immanente de l’histoire : les faits historiques sont moins expliqués par le recours à la providence divine que par des dynamiques internes aux sociétés humaines. Cette rationalisation du savoir historique et politique met en lumière l’existence d’une pensée autonome du politique et de l’histoire dont Ibn Khaldûn est l’héritier. En somme, ce livre soutient que l’historiographie et la pensée politique en contexte islamique prémoderne recèlent des dynamiques de sécularisation qui doivent être étudiées pour elles-mêmes, hors du prisme exclusif de la modernité européenne. This book argues that Ibn Khaldūn developed a secularized conception of history, grounded in his premodern intellectual context. It offers a double genealogy: first, of Khaldūnian concepts as embedded in the bodies of knowledge of his time ( falsafa, kalām, uṣūl al-fiqh, mirrors for princes, geography, and Arabic historiography); second, of their modern translations, often shaped by European conceptual frameworks. Through an analysis of the science of ʿumrān, the book highlights both its originality and the borrowings that structure it. It shows that Ibn Khaldūn shifts the theologico-political framework toward an immanent intelligibility of history, based on the internal dynamics of human societies. This analysis reveals the existence, in the premodern Islamic context, of autonomous forms of political and historical thought carrying secularizing dynamics.
AmazonPagina's: 482, Hardcover, Koninklijke Brill BV
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