Un scribe. Une cicatrice. Six marqueurs qui ne mentent jamais. Koush tient un carnet où il consigne, chapitre après chapitre, ce qu'il appelle la signature du sang: la structure rituelle qui traverse, identique, la mise à mort décidée par un pouvoir. Babylone et Rome, le Congo de Léopold II, les camps du Sud-Ouest africain allemand, le Goulag, les juntes latino-américaines, l'apartheid, Tian'anmen, Sinjar. Six marqueurs, jamais nommés ensemble avant lui, qui reviennent partout où un État choisit de tuer en donnant à voir.Puis un homme meurt sur un trottoir de Dublin, plaqué au sol devant une vitrine pour un flacon de parfum, et Koush comprend que sa carte n'est pas seulement celle du passé.Ce roman convoque Michel Foucault et le supplice, René Girard et le bouc émissaire, Giorgio Agamben et l'état d'exception, Achille Mbembe et la nécropolitique, aux côtés de dizaines de cas réels, vérifiés et datés, de l'esclavage transatlantique aux assassinats politiques les plus récents. Chaque fait est distingué de sa lecture; chaque allégation, de ce qui est judiciairement établi. La fiction porte l'enquête. Elle ne la falsifie pas, et elle n'épargne personne par confort, ni ne vise personne par facilité.Vingt-deux chapitres, un prologue, un épilogue: la traversée complète d'un mécanisme que les États nient et que l'Histoire n'efface jamais tout à fait.Un roman qui ne demande pas d'être cru sur parole. Il demande d'être vérifié.
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