La capitale tchadienne, N'Djamena, connaît une croissance urbaine spectaculaire et anarchique, illustrée par l'explosion démographique de son 9e arrondissement, dont la population est passée de 76 649 habitants en 2009 à 161 334 en 2020. Cette expansion non maîtrisée repose largement sur l'occupation spontanée des sols: 83,2 % des terrains ont été acquis de manière informelle ou illégale par des citadins fuyant les coûts élevés du centre.Face à cette urbanisation "de rattrapage" et à l'incapacité du réseau public (STE) à s'étendre, les habitants ont développé une résilience hydraulique autonome: 70 % des ménages dépendent désormais de forages manuels privés ou de ceux des voisins pour leur approvisionnement.Cependant, cette auto-prise en charge engendre une crise sanitaire critique. L'étude révèle une densité alarmante de forages et une proximité dangereuse avec les sources de pollution: 71 % des installations sont situées à moins de 20 mètres des latrines familiales. Cette contamination se traduit directement dans les faits: 68,4 % des ménages ont eu au moins un membre souffrant de la fièvre typhoïde, une maladie hydrique.
AmazonPagina's: 384, Paperback, Éditions universitaires européennes
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