Il n'est pas facile de qualifier Naguib Mahfouz d'écrivain absurde, mais il n'est pas non plus difficile de décrire ainsi son ¿uvre littéraire. À l'exception de sa nouvelle ' Sous le parapluie ' (écrite entre octobre et décembre 1967), que Mahfouz a, selon moi, rédigée sous l'influence de l'art absurde, il semble difficile de qualifier ainsi le reste de son ¿uvre. Les écrits variés de Mahfouz, qu'il s'agisse de romans ou de nouvelles, abordent des préoccupations et des questions d'ordre humain et métaphysique, telles que la mort, l'inconnu, la prédestination, la peur, l'impuissance, l'absurdité, l'isolement, l'aliénation, le désespoir, le vide, la futilité et d'autres questions existentielles, y compris, bien sûr, l'absurdité.Elles se distinguent toutefois des ¿uvres de Franz Kafka, Samuel Beckett, Eugène Ionesco et d'autres auteurs absurdiques. Comme l'explique Martin Esslin, l'écrivain absurde abandonne la réflexion sur l'absurdité de la condition humaine, qu'il tente de révéler et d'incarner dans l'existence uniquement à travers ses outils créatifs et artistiques. En d'autres termes, l'art absurde doit se manifester à travers le langage, les événements, le contenu et les personnages.
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