La France sait retirer un post. Elle sait moins exécuter une OQTF, relancer un hôpital, tenir une frontière. Même pays, mêmes institutions, mêmes grands journaux. Ferveur pour le mot, fatigue pour l'acte. Cinq policiers à Heathrow pour des messages. Un hôpital sous LockBit, des lits qui fondent, un cadastre en vente, des OQTF qui restent du papier. Le Digital Services Act, l'Arcom, les classifieurs, les signalants de confiance, les RH: un appareil dense pour que la parole devienne un risque. Le régalien, lui, reste un théâtre. Sébastien Cerise tient une thèse de droite, faillible, sans plan en douze points. La France et l'Union ont bâti le pire des deux mondes: une surveillance morale et administrative très efficace contre l'opinion, l'humour et la dissidence soft; une impuissance stratégique face au crime, au cyber, aux flux non maîtrisés. Réprimer un message est cheap. Tenir une frontière, un SI, une peine, est cher. Les carrières et les amendes poussent vers la victoire nette du retrait. On choisit le cheap. On appelle ça la responsabilité, parfois la haine, parfois la démocratie à défendre. Ce n'est pas un fumoir secret. C'est une grille d'intérêts. Deux limites étroites se jugent devant un tribunal: l'appel à frapper une personne, la diffamation. Le ridicule, l'odieux, le désaccord: au débat. L'insurrection, comme parole politique, n'est pas un délit de salon. Le souffle a un prix. On le paie, ou l'on continue de mitiger. Dans cet essai: - Heathrow, LockBit, OQTF: les collages qui montrent l'asymétrie- DSA, SREN, Arcom: comment la parole est devenue une variable de risque- Deux limites étroites devant un juge, pas une police des humeurs- Pourquoi pro-haine est un anathème, pas un argument- Le souffle: un choix, un prix, pas une brochure Pour lecteurs d'essais politiques et tech-politique, las des deux conformismes. Pas un programme. Une charge. Et la facture, à la fin.
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