Les deux premiers volumes disaient ce qu'il est interdit de faire le jour du repos. Celui-ci donne le traité qui leur répond: l'art de vivre avec l'interdit sans le rompre.L'érouv - le mot signifie mélange - est un dispositif juridique. En unissant symboliquement des espaces séparés, on les fait tenir pour un seul, et l'on peut y porter le jour du Shabbat ce qu'on ne pourrait pas porter d'une propriété à l'autre. Rien n'est aboli, rien n'est transgressé la carte est redessinée.C'est là que le Talmud devient déconcertant, et parfois franchement drôle. On y voit des maîtres qui tiennent la loi pour intangible passer des pages entières à chercher par où elle laisse passer. Une poutre en travers d'une ruelle, un puits au milieu d'un champ, deux cordes tendues, un panier posé à la bonne place: et voilà un domaine public devenu privé.Traduction française intégrale d'après l'édition de Michael L. Rodkinson (New York, 1896-1903): la Mishna et la Guemara, avec l'appareil de notes. L'éditeur de 1897 tenait ce traité pour le plus difficile du Talmud. Il l'est. On a fait ce qu'il fallait pour qu'il ne le soit plus par la faute de la langue.Ce volume se lit seul: les conventions de lecture sont rappelées en ouverture.
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