Que le fascisme, en ses réalisations historiques diverses (de Mussolini à Hitler en passant par José Antonio Primo de Rivera), ne puisse revendiquer d'avoir été directement inspiré par la pensée catholique, c'est là une évidence qu'il serait ridicule de contester. Est-ce à dire pour autant qu'un catholique devrait tenir la croisade des fascismes pour mauvaise par essence et bonne seulement par accident ?En termes techniques, être bon secundum quid (par opposition à simpliciter ), est-ce n'être bon que per accidens ? Un tel jugement, qui reviendrait à condamner le fascisme au nom du Sacré-Coeur (ou de la dignité de l'homme des droits de l'homme, selon le point de vue...), repose sur l'idée selon laquelle la fin surnaturelle de l'homme se serait substituée à sa fin naturelle. Il faudrait de plus, dans une telle perspective, considérer la catégorie de nation comme essentiellement étrangère à l'ordre politique, et condamner le nationalisme dans son principe même. De tels présupposés, solidaires de l'esprit démocrate-chrétien, aussi destructeurs de l'ordre naturel du bien commun que de l'ordre surnaturel du salut, ont suscité, par une réaction regrettable mais compréhensible, les visions du monde néo-païennes modernes et contemporaines toujours plus ou moins imprégnées de gnose et de panthéisme. Mais à qui la faute ?Il est bon, par esprit de justice, d'analyser les origines blondéliennes du modernisme pour s'efforcer à saisir les mobiles secrets de cette espèce de fausse modestie antirationaliste inspirant ce qu'il est convenu de nommer aujourd'hui la pensée thomasienne promotrice de la doctrine de l'apophatisme de l'esse . Qu'on ne s'y trompe pas: quand la sagesse de l'amour prétend détrôner, au nom de l'humilité, l'amour ─ spéculatif ─ de la sagesse, c'est le ressentiment haineux qui parle. La raison a sa manière d'aimer comme ne sait pas le faire le coeur (José Antonio Primo de Rivera).Première partie: Sagesse politique et magistère moral des ecclésiastiquesDeuxième partie: Les activistes professionnels et nous.Troisième partie: Blondel, de Lubac, Gilson, théoriciens du modernisme.
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